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Le soir lorsque le jour fait place à la nuit, les algéroises animaient leurs longues soirées par des retrouvailles organisées au cours desquelles elles savouraient la présence d’une dame âgée en l’écoutant raconter avec un art que seules les vieilles personnes possèdent les histoires et les contes.autour d’une table basse garnie de thé et de différentes gourmandises.

Le principe du jeu

 » Sous la pleine lune, sur les terrasses de la Casbah, des femmes récitent de courts poèmes espiègles et allusifs, magiques et divinatoires. Ces vers merveilleux qui parlent d’amour, de séparations, de souhaits, de désirs secrets, de la mort et du temps qui passe. Ils sont l’âme de la finesse spirituelle algéroise.
Les poèmes de la Boqala sont déclamés, appris ou improvisés, lors d’un rituel nommé « Jeu de la Boqala ».
Il est exclusivement réservé aux femmes. La séance se déroule dans un salon, une chambre ou sur une terrasse, après la dernière prière, el i’icha. »

Pour le jeu de la Boqala on a besoin de :
– Un pot de terre avec deux anses
– Un brasero
– Sept parfums : benjoin noir, benjoin blanc, résine d’élémi, bois d’aloès, coriandre, encens, styrax ou myrrhe composent les éléments du rituel.

On procède à une fumigation pour éloigner les mauvais esprits et attirer les bons. La Boqala vide et retournée va être passée plusieurs fois au-dessus du feu pour être purifiée, puis on la remplie d’eau et on la couvre d’un foulard. Pendant cette opération l’officiante récite une invocation et le jeu rituel commence. L’officiante invite les participantes à mettre dans le récipient un objet personnel : broche, boucle d’oreille, bracelet, épingle à cheveux …

Deux jeunes assistantes soulèvent la Boqala. La maîtresse de cérémonie récite une autre invocation plus courte et demande aux assistantes de penser à une personne de leur choix et de faire un nœud dans leurs ceintures, foulards, mouchoirs pendant qu’elles pensent à cette personne.

La maîtresse de cérémonie récite un poème*. L’une des jeunes assistantes plonge la main dans le pot, en retire un des objets et demande à qui il appartient. Dès que la personne s’annonce, l’officiante dit que le présage contenu dans le poème s’appliquera à elle.  »

source http://www.blogg.org/blog-78244.html

Quelques boukalates pour vous

1-kharjet badr el bodour
talkete acha’aour
zadet fi ajnani
atmanit’ha at’koun fi dari
tad’khol ou takhroj kadam a’adyani

[ la plus belle des belles est sortie
elle a lâché ses cheveux
et a provoqué ma folie
j’espérais la voir honorer mon logis
par ses allers et venues
devant mes ennemis ]

2-yadi fi yed khouya
ou yed khouya bel henna
wal youm sa’dou houwa
ou ghadwa ana nat’henna

[ je tiens la main de mon frère
elle est décorée de henné
aujourd’hui, c’est son jour
de bonheur
et demain, ce sera mon tour ]

3- Sidi taleb dir fiya mziya, djibli hadek echbab elli mayabghich yakhzor fiya, ana chebba ou zina bessah zahri darha biya 

[Monsieur le taleb faites-moi plaisir, amenez moi le bel homme qui ne veux poser ses yeux sur moi, je suis jeune et belle mais ma chance m’a trahie]

4-Essamra! Ya samra, yelli hlouwa ki ettamra, 3ayounek chahla wel sanek djamra!

[Oh la brune, la brune, tu es aussi délicieuse qu’une datte. Tes yeux sont de couleur miel et ta langue est telle une flamme ! ]

 


 

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