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El Hayek, une longue étoffe de soie qui enveloppe la totalité du corps, un voile généralement blanc qui s’accrochaient (elles sont rares à le porter encore) à la taille avant d’être ramener vers les épaules pour être enroulé sur la tête. Ce voile traditionnel qui se porte avec un Aâdjar, voilette qui se pose sur le visage pour ne laisser apparaître que les yeux, symbole de pudeur et de noblesse, tenait et tient toujours une grande place dans notre société.

L’Espagnol, Diego de Haedo, le cite à propos des femmes d’Alger dans son ouvrage Topographia de Argel, (Topographie d’Alger). Il décrit ainsi les Algéroises : « Quand elles sortent de chez elles, elles mettent des manteaux blancs, très déliés, en laine fine ou tissus de laine et soie « .

Appelé Hayek (Haïk), ce voile blanc avait un aspect pratique. À l’époque, il préservait la blancheur de la peau de la femme qui pouvait également cacher ses bijoux et éloigner ainsi le mauvais œil. Il permettait aussi à la bourgeoise de se démarquer car, en le portant, elle affichait son rang social élevé.Différents types de Hayek existent en Algérie : « Hayek El-Kssa », filé de laine fine, l’algéroise de jadis le portait en hiver avec un petit voile blanc, très fin, appelé « El-Aâdjar » (que nous aborderons dans un autre article), dont elle se couvrait la partie inférieure du visage, dissimulant ainsi tout son corps et donc ses formes, elle ne laissait donc voir que son précieux regard. Le Hayek était un élément indispensable pour la « soutra » (pudeur) Puis, il y eut « Hayek El-M’remma » qui est un voile plus léger  et plus précieux, car tissé de soie pure et rayé de fils d’or et d’argent. Il était de qualité supérieure, et donc d’un prix élevé. Ceci insitait la femme moyenne à s’acheter un «Hayek demi m’remma», c’est-à-dire un Hayek élaboré avec un mélange de soie et de satin, ce qui en faisait un tissu de second choix. Néanmoins, il en existait un autre de moindre qualité encore, car il était tissé uniquement de satin et qu’on appelait hayek «sousti». Plus tard, avec l’arrivée d’une nouvelle matière, un nouveau type de Hayek apparut sous l’appellation de «hayek Polyester». Il fit le bonheur des Algéroises en hiver.

Enfin, il y avait le «houiek», fait de soie, de «ftoule» et de «guergueffe» (passé plat) et que la jeune mariée portait la veille de ses noces, ne se dévoilant que le jour de son mariage.

Dans l’histoire du Hayek, il ne faut pas considérer seulement son type et sa qualité, mais aussi l’art et la manière de le porter, qui se modifia avec les années. En effet, d’un symbole de pudeur (soutra), il passa peu à peu à un objet de séduction. Certaines femmes se maquillaient et se coiffaient outrageusement et portaient ce voile de manière désinvolte. C’est alors que les familles algéroises de l’époque préférèrent laisser le choix aux jeunes filles de porter ou pas le Hayek car il ne correspondait plus à l’image sobre et discrète de l’époque. Cet habit fut alors de plus en plus souvent délaissé.

source :http://www.algeroises.com

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